Article Tanzanie

Quatrième pays, quatrième arrivée par les airs – et encore une fois, un atterrissage des plus réussis ! Nous nous posons à l’aéroport du Kilimandjaro et comme son nom l’indique, il se situe au pied de plus haut mont Africain. Nous apercevons ses neiges éternelles à travers les quelques nuages attachés en permanence à ses flancs. 

C’est sous une chaleur étouffante que nous sortons de l’avion. Et c’est toujours sous cette chaleur que nous nous sommes retrouvées dans une situation ubuesque – comme on en trouve qu’en Afrique ! Nous sommes bloquées à l’aéroport sans aucun moyen de payer pour notre visa ! Nous n’avons pas de liquide (ça nous apprendra…), leur machine est bloquée et leur ATM sont vides… Quelques heures plus tard et pas l’ombre d’une solution. Hakuna Matata est leur expression préférée ! Sans la confiance et la générosité d’autres touristes nous y serions encore. Mais c’est aussi ça les voyages : des rencontres, des obstacles et des complications.  

Nous filons ensuite à Moshi où nous avons rendez-vous quelques jours avec Anza qui accompagne les entrepreneurs et projets avec leur « accelerator program » (gratuits pour les entrepreneurs sélectionnés), l’équivalent d’un incubateur, ainsi que leur « growth fund ». Il existe désormais 5 centres dans différentes régions de Tanzanie accueillant entre 25 et 80 projets. Les entrepreneurs accompagnés par Anza ont ensuite la possibilité de faire une demande de prêt. Seulement deux candidatures par an sont sélectionnées et obtiennent leurs prêts. Nous échangeons avec Evelyn, notre interlocutrice depuis le début qui nous explique en détail le fonctionnement d’Anza et nous introduit auprès de 3 femmes faisant parties du portefeuille d’Anza. 

Nous rencontrons ainsi Faustina, présidente de l’association Songambele qui vient en aide aux Tanzaniennes handicapées. Elle milite pour l’inclusion et l’émancipation de ces femmes via différents moyens : des campagnes « d’awareness » (le handicap est encore perçu dans certaines régions comme un maléfice), de l’éducation inclusive (retour à la scolarisation, accessibilité des établissements), de l’acceptation de soi (peer2peer éducation). Cette femme nous a aussi livré son histoire personnelle, l’histoire de son accident, de sa renaissance et de son combat. C’est une belle association qui accueille depuis 2016 en son sein de plus en plus de jeunes handicapées. 

Nous avons ensuite rendez-vous avec Florence Akara, la directrice régionale de Femme International qui éduque les jeunes filles et population à l’usage de produits menstruels. L’apparition des premières règles est synonyme chez de nombreuses Africaines de l’arrêt de l’école. Le manque de produits et la honte qui y est associée dans ces pays est souvent la cause de l’arrêt de la scolarisation. Femme International intervient donc dans les écoles pour éduquer les nouvelles générations et distribuer des produits menstruels. 

Nous terminons notre tournée à Moshi avec Africaid, maintenant renommé Girls Livelyhood and Mentor Initiatives. Africaid accompagne de jeunes élèves durant leur scolarité afin de débloquer leur potentiel et leur permettre de faire des études. Cette association est présente au sein de 41 écoles dans le nord de la Tanzanie sous forme de clubs présidés par des mentors/accompagnateurs sociaux. Cette association a un impact extrêmement positif étant donné que 95% des jeunes filles passées par leurs clubs poursuivent des études. Lorsque nécessaire, Africaid accompagne financièrement les élèves n’ayant pas reçues de bourses.

Nous reprenons ensuite la route pour rejoindre Dar Es Salaam. Nous traversons donc toute la Tanzanie en 11 heures de bus. Les paysages sont magnifiques : la savane, des collines verdoyantes et enfin… Dar Es Salaam. Ne pouvant pas planter notre tente en pleine ville nous y tentons notre première expérience Couchsurfing. Et elle ne fut pas de tout repos ! Nous sommes accueillies par Damian, un chanteur Tanzanien avec sa petite réputation, dans un quartier très très TRES éloigné du centre. Nous nous retrouvons au beau milieu d’une grande répétition avec son groupe. La fatigue nous rattrape et nous allons nous coucher. Mais la chaleur étouffante (première véritable nuit sous les tropiques) et les sons de leurs Djembés nous tiennent éveillées jusqu’à tard dans la nuit. Courte nuit puisque notre réveil sonne à 4h30 direction le port où nous embarquons pour Zanzibar (l’excitation est à son maximum). Nous prenons donc le ferry pour rejoindre la très belle île de Zanzibar aussi appelée l’ile aux épices. Nous passons 2 jours à Stone Town. Son architecture est splendide avec des influences arabes, portugaises, anglaises, indiennes et africaines.  Nous arrivons dans la première auberge de jeunesse de notre voyage. Enfin un véritable lit comme à Paris ! Ils nous avaient manqué ! Nous avons enfin un peu de temps pour nous et nous pouvons avancer dans notre travail qui ne cesse d’augmenter de jours en jours. Nous partons très vite nous balader et visiter la ville sous 36 degrés. En fin de journée, nous sommes déshydratées, une seule solution : la piscine. Et pas n’importe laquelle, Mathilde choisi le plus bel hôtel de la ville (Ah le gout des belles choses quand tu nous tiens !). Nous nous y incrustons ni vues ni connues. Petit moment lecture et détente, coup de l’opération : 0€ ! 

Le lendemain matin nous reprenons la route pour Paje à 2h de route de Stone Town en daladala (les taxis-brousses ou matatas locaux). Première excursion vers la plage, nous en restons bouche-bées. Entre deux palmiers nous apercevons la plus belle plage qui nous aient été donné de voir : un véritable coin de paradis avec un sable aussi blanc et fin que de la farine et une eau translucide (plus vrai qu’une carte postale ou qu’un filtre instagram). L’océan indien nous attends et 3 secondes plus tard, nous y trempons le bout de nos orteils. Très vite nous cherchons notre spot pour les prochains jours où nous allons pouvoir travailler tout en contemplant ce paysage si splendide. Nous déposons nos affaires sur des transats et nous courrons retrouver cet océan pour nous rafraichir … ou pas tout à fait. L’eau est aussi chaude que dans un jacuzzi. Nous l’estimons à 32 degré (plus chaudes que toutes les douches que nous avons pu tester jusqu’à présent) ! Il fait tout de même très bon de s’y baigner et nous y restons des heures. Pendant nos quelques jours à Paje, nous profitons de l’atmosphère « pole pole » (tranquille en Swahili) et de la beauté du paysage (Loïs en profite pour prendre quelques coups de soleil). Nous savourons chaque instant, travaillons sur nos articles et vidéos, ramons (encore…) avec la connexion. Malgré nos To Do Lists à rallonge, nous avançons à grands pas dans nos rendus. Autre surprise, Paje est LE spot de Kitesurf et leurs voiles colorent le ciel de milles et unes couleurs en fin de journée. En bref, nous sommes complètement sous le charme de cette plage. 

Après des adieux difficiles à notre coup de cœur Paje, nous reprenons la route direction Matemwe. Nous y sommes attendues par Paco un espagnol charmant qui nous reçoit comme des reines (nous avons même eu le droit à du Nutella au petit déjeuner !!). Nous échangeons en espagnol ce qui nous permet de remettre le pied à l’étrier avant notre arrivée à Buenos Aires (et nous en avons bien besoin…). Nous restons peu de temps dans ce coin de l’ile, juste assez pour s’offrir une excursion snorkelling sur l’une des plus belles iles de Zanzibar (Pnemba Island – détenu par Bill Gates !). Et nous sommes extrêmement chanceuses : nous tombons sur un banc de dauphins et nageons à leurs côtés (de courts instants… Même avec des palmes, ils sont trop rapides pour nous). Ce sont des moments magiques ! L’excursion se poursuit et nous passons quelques heures sous l’eau à découvrir les coraux et poissons de toutes sortes et couleurs. Nous en ressortons des étoiles (de mer) pleins les yeux. Nous bouclons le dossier Afrique et nous travaillons sur l’organisation de notre arrivée en Amérique du Sud. C’est un peu la course mais nous avons de très bons retours de votre part : et cela nous réchauffe le cœur d’être autant soutenues ! 

Le lendemain nous passons une journée avec la petite école de Matemwe où nous prenons le temps de visiter l’école et rencontrer le corps professoral afin de discuter avec eux des objectifs de l’école, notamment sur l’éducation des jeunes filles. En fin de journée, nous nous retrouvons chez Juma (ami de Paco), qui nous accueille chez lui afin d’échanger autour d’un diner local. Nous discutons beaucoup avec la femme de Juma sur le rôle de la femme à Zanzibar et sur l’éducation qu’elle inculque à ses deux petites filles. Il faut savoir qu’il y a une grande différence de culture entre Zanzibar et la Tanzanie. En effet, à Zanzibar la plupart des hommes sont polygames et ont entre 3 et 4 femmes.

Enfin, nous rejoignons Dar es Salaam où nous avons rendez-vous avec Bernice Fernandes, créatrice d’Anga. En parallèle de ses études effectuées aux Etats-Unis, Bernice a créé il y a quelques années une machine transformant l’air en eau. Cette dernière transforme l’humidité dont l’air Tanzanien est chargé en eau potable, ressource essentielle et difficilement accessible dans certaines régions (surtout rurales) de Tanzanie. Elle a déjà aidé de nombreux villages et familles (plus de 400 Tanzaniens ont accès à l’eau potable grâce à Anga). C’est avec ce beau projet qu’elle a été sélectionnée comme l’une des 54 nominées de Women In Africa (qui récompense et accompagne les entrepreneuses les plus prometteuses d’Afrique). A travers Anga, Bernice souhaite rendre l’accès à l’eau potable (besoin de base) facile pour tous et abattre pour de bon cet obstacle au développement de la Tanzanie. Elle nous explique en détail les différentes étapes de cette aventure et son désir de moderniser son pays et les nouvelles générations. 

Dernier jour, dernière rencontre avec Tahira Nizari, créatrice de Kazi Yetu, une belle start-up Tanzanienne. Kazi Yetu est une entreprise de thé qui s’exporte dans toute l’Afrique de l’Est (nous avons retrouvé ses beaux produits dans de nombreux cafés/boutiques !). Cette entreprise sociale emploie de nombreuses femmes (autant dans la récolte que dans le packaging et la logistique). Et la majorité de ses profits sont réinvestit dans des mesures promouvant l’émancipation des femmes et la création de nouveaux emplois. Nous avons eu la chance d’avoir un aperçu de son usine à thé.

Nous prenons déjà notre dernier avion en Afrique, direction l’Afrique du Sud – Johannesburg. Nous ne passerons qu’un un week-end là-bas avant de rejoindre notre deuxième continent : L’Amérique du Sud avec comme première destination l’Argentine ! Vamos a hablar espanol !

On vous embrasse tous à nouveau bien fort ! 

Math & Lolo


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