Article Kenya

Suite à nos péripéties pour aller à Saint Louis et les embouteillages monstres de Dakar, nous partons bien en avance pour notre prochain vol ; direction Nairobi. Nous tuons donc le temps au Duty free et en profitons pour nous refaire une petite beauté.

Et c’est parti pour 10h de vol ponctuées par des turbulences météorologiques mais aussi émotionnelles pour Mathilde qui fait jurer à Loïs que nous n’allons pas mourir. 

Dans le cadre de notre partenariat avec la Fondation L’Oréal nous allons durant les prochains jours rencontrer deux associations qu’ils soutiennent : ASK (Albinism Society of Kenya) and UNHCR (UN refugee agency). Nous passons notre première journée avec Aditya (le directeur de l’usine L’Oréal locale) et sa famille. Aditya est pleinement impliqué dans les projets associatifs de la Fondation L’Oréal et nous reçoit chaleureusement chez lui. 

Nous profitons de notre dimanche pour visiter Nairobi et ses environs – et notamment la forêt Kakura. La ville est totalement différente de Dakar : plus moderne, plus aérée et plus verte. 

Lundi matin, départ avec Aditya en direction du HQ de L’Oréal East Africa. Sur place nous rencontrons les équipes avec qui nous avons de riches échanges sur leur travail et le Kenya. Nous avons la chance de rencontrer le directeur général East Africa qui nous décrit un peu plus en détail les associations que nous allons rencontrer et l’implication de la Fondation L’Oréal auprès de ces associations. 

Et hop, nous enfilons nos superbes tenues pour aller visiter leur usine. Chaussettes aux pieds, blouses blanches et charlottes sur la tête, nous sommes parées pour découvrir l’envers du décor. Nous avons enfin la chance de comprendre le fonctionnement d’une usine et les différents processus d’assemblage utilisés. Ce fut une visite extrêmement enrichissante pour l’équipe du Women Tour qui n’avait jamais mis les pieds dans une usine ! 

En fin de matinée, nous filons à notre rendez-vous avec l’association ASK et ses bénéficiaires. 

Les différentes femmes présentes nous expliquent alors l’impact de l’albinisme sur leur vie. Au fil de leurs histoires personnelles, nous comprenons les obstacles qu’elles doivent surmonter (difficultés d’intégration, violences sexuelles et recherches de travail…). L’albinisme est encore considéré comme une malédiction dans de nombreuses zones en Afrique (surtout rurales) et les albinos sont, en conséquence, victimes de toutes sortes de représailles. Les différents récits nous ont beaucoup touchés et ont été très forts émotionnellement. 

ASK vient en aide à ces femmes via différents programmes (campagnes de prise de conscience, programmes éducatifs et de réinsertion). ASK opère non seulement au Kenya mais aussi dans le reste des pays d’Afrique de l’Est (et notamment au Malawi où les violences sont extrêmes).

Après ces quelques jours passés dans cette capitale très cosmopolite, nous voilà parties pour Mombasa, 2èmeville Kenyane, située sur la côte. Nous embarquons à bord d’un train qui relie les deux villes en 6 heures. 

C’est un véritable safari qui commence. Nous traversons des paysages à couper le souffle au sein du parc Tsavao. Contre toute attente, nous avons la chance de croiser la route de nombreux animaux (zèbres, buffalos, gazelles, antilopes, gnous et même de majestueux mastodontes… des éléphants). Nous sommes aussi excitées que des enfants devant un magasin de bonbon et nos têtes scotchées aux vitres amusent les kenyans, complétement habitués à la faune locale.  

C’est donc des images plein les yeux que nous arrivons dans cette ville historique (capitale de l’ivoire). 

Prochain arrêt, la plage de Tiwi où nous arrivons de nuit. C’est avec le sourire que l’on nous accueille dans ce merveilleux endroit où nous plantons notre tente pour la première fois. Grâce aux années de scoutisme de Mathilde, nous la montons en deux temps, trois mouvements. Gros soulagement ! 

Sous 33 degrés et éclairées seulement par nos petites lampes frontales, nous découvrons que notre toit pour les prochains mois est quelque peu étroit. Nous sommes prises d’un fou rire … à en réveiller nos voisins. C’est en transpirant à grosses gouttes que nous organisons notre tente. Et bercées par le bruit des vagues nous sombrons dans le sommeil. 

Nous nous réveillons face à l’océan indien : nous avons choisi le meilleur spot, pile poil devant la plage de sable fin, des cocotiers dignes d’une carte postale et une eau translucide. Nous restons deux jours dans ce petit paradis afin de commencer la rédaction de nos articles, newsletters et la création de nos vidéos. Encore une fois, ce n’est pas de tout repos avec la mauvaise de connexion… 

Nous prenons désormais nos aises et nous habituons aux douches froides, aux nuits sous les étoiles et à nos matelas épais de 5cm. Nos gros sacs n’ont plus de secrets pour nous et leur organisation se perfectionne. Besoin d’une paire de chaussette ? De crème solaire ? Ou même de shampoing solide ? Tout est à portée de main ! Nous sommes à présent des pros de l’organisation : nous cuisinons de bons petits plats – avec pour seul ustensile, une popote – et nous faisons nos lessives au fur et à mesure. 

Ces quelques jours nous permettent aussi de prendre un peu de recul sur notre début de voyage et d’effectuer nos premières constatations. Nous goutons pleinement à notre chance de vivre cette expérience hors du commun – faites de rencontres, de découvertes et d’échanges ! Nous nous retrouvons souvent à deux – les pays traversés étant peu touristique à cette période de l’année – et nous en profitons pour parler de nos ressentis et de nos 6 prochains mois. Toutefois, l’activité et le monde nous manque un peu !

Après avoir passé 3 jours à Mombasa, nous voilà de retour dans notre train/safari direction Nairobi où nous arrivons en début d’après-midi où nous attendent les équipes L’Oréal. Nous passons une après-midi et une soirée en leur compagnie lors du Kick-off annuel. Cette année, il a lieu au sein du parc national de Nairobi ! Leur accueil chaleureux et intérêt pour The Women Tour nous font extrêmement plaisir. 

Le lendemain nous nous réveillons aux aurores et commençons notre week end par l’ascension du Mont Longonot. Nous sommes rejointes par Victoire Lepine (encore de Warwick… décidément nous envahissons le monde !) qui travaille au Kenya pour quelques mois et quelques employés de L’Oréal. Le Mont Longonot se dresse sur les rives du Lac Naivasha, à 2h de Nairobi. C’est sous d’imposants nuages que nous commençons l’ascension. Après 1h30 de trek à un rythme assez soutenu nous arrivons au sommet du Mont. La vue sur le cratère d’un côté et sur le Lac Naivasha de l’autre est absolument splendide. Nous en profitons pour souffler un peu. Nous venons de gravir un demi-Kilimandjaro (2560m) ! Et après mures réflexions, nous décidons que cet entrainement nous suffira amplement et nous remettons notre projet de gravir le Kilimandjaro à un autre voyage. 

La redescente (étonnement plus difficile que la montée) se passe sans encombre et nous reprenons la route pour une petite merveille, Crescent Island. Pas le temps de s’embêter ! 

Mathilde au volant se débrouille comme une cheffe sur les routes Kenyanes malgré les nids de poule que nous ne comptons plus… Et nous arrivons sur Crescent Island, lieu de tournage d’Out of Africa. Et sans mentir, cet endroit est aussi magique que le film. 

C’est un petit bout d’ile que nous parcourons de long en large en 1h30. Le paysage à lui tout seul vaut le détour mais ce qui nous enchante sur cette ile, ce sont les animaux. Nous marchons à quelques mètres d’hordes de zèbres, gazelles, antilopes, gnous… Nous sommes véritablement plongées dans le Roi Lion. Et nous sommes seules au monde ! Pas un groupe, pas un touriste, ni guide à l’horizon. Une sensation de liberté nous prend, c’est un moment grisant. Et cerise sur le gâteau, nous apercevons des girafes au loin. En quelques enjambées nous sommes à leurs côtés et nous nous sentons riquiquis faces à ces paisibles géantes. 

Nous rentrons sous un superbe coucher de soleil et passons la nuit sur les rives du Lac avant de retourner à Nairobi. 

Lundi matin, c’est notre dernier jour avant de nous envoler pour Kigali. Au programme, un rendez-vous avec UNHCR (UN refugee agency) et certains de ses bénéficiaires. Le Kenya abrite 3 camps de réfugiés provenant principalement de Somalie, Congo, Ethiopie et Ouganda. Ces camps sont composés de 300 à 400 000 réfugiés et présentent de véritables challenges économiques et sociaux. Nous avons donc rendez-vous avec une dizaine de femmes réfugiées de différents pays (Congo et Ouganda pour la plupart). Ces femmes suivent des trainings offerts par la Fondation L’Oréal au sein des camps et à Nairobi. Ces programmes s’articulent autour des métiers de coiffeurs, maquilleurs et experts en beauté. Plusieurs sessions sont organisées dans l’année afin d’offrir à ces femmes de nouvelles compétences pratiques qu’elles peuvent appliquer quasi-immédiatement. Elles sont ensuite capables d’ouvrir une échoppe/saloon et de mettre en pratique leurs enseignements. Cela leur permet de s’assurer un revenu stable et de faire vivre leurs familles. Certaines de ces femmes emploient aussi désormais d’autres réfugiées au sein des camps, à qui elles ont transmis leurs compétences. 

Les femmes rencontrées sont vraiment enthousiastes par les nouvelles compétences acquises durant les sessions et nous parlent de véritables améliorations dans leur vie quotidienne. Elles ont pu lancer leur affaire et ont vu en quelques mois leur clientèle et salaire augmenter de façon exponentielle. 

Nos échanges avec ces différentes femmes furent extrêmement intéressants et puissants. En effet, nous avons aussi eu la chance d’avoir un aperçu de leur vie en tant que réfugiées. Nous sommes confrontées à des femmes captivantes aux histoires dures et violentes.

Nous vous donnons rendez-vous au prochain chapitre : Kigali ! 

Math & Lolo

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